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L'Etat, c'est nous et malgré nous

14 Mai 2013 , Rédigé par R. F. Publié dans #Etatisme, #Philosophie Politique, #Opinion, #Anarchisme, #Histoire, #Franz Oppenheimer, #Gouvernement

Philosophie politique. - Il est courant, dans le discours politique, de faire référence à l'Etat. Qu'on le blâme ou qu'on appelle à sa rescousse, on y fait référence. Ainsi, un libéral refusera que l'Etat intervienne dans les relations socio-marchandes, alors qu'un étatiste - de gauche ou de droite - demandera l'inverse. Mais est-ce que ces différents acteurs se sont posés la question sur ce qu'est l'Etat ? Qui est l'Etat ? L'étatiste dira que nous sommes l'Etat, alors que le libéral aura tendance à dire que non. Qui a raison, dans ce cas ? Nous allons le découvrir.

La plupart des historiens s'accordent à dire qu'il est difficile de définir une éventuelle date quant à l'apparition de l'Etat, bien qu'on puisse imaginer qu'il soit déjà là aux alentours des 3000 av. J.-C. On a par exemple les civilisations pharaoniques (Egypte) ou suméro-accadiennes (Mésopotamie) qui se développent durant les années -4000 et -3000 ainsi que les civilisations égéennes qui émergent plus ou moins simultanément - avec certainement quelques siècles de retard. Bref, il ne serait pas forcément faux de dire que, selon nos connaissances actuelles, l'Etat existe depuis plus de 5'000 ans, si ce n'est 6'000. Mais avons-nous des informations quant aux origines de ces Etats ? Pour tenter de répondre à cette question, on peut éventuellement lire les divers manuels traitant de l'histoire étatique d'un point de vue tant sociologique qu'anthropologique. Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié l'oeuvre de Franz Oppenheimer intitulée L'Etat, ses origines, son évolution et son avenir. Dans cet ouvrage, il retrace toute l'histoire étatique afin d'y dévoiler ses fondements et ses mécanismes sociaux qui les composent. Très vite, dès les premières pages, on comprend une chose ; l'Etat naît de la violence, soit d'un conflit entre deux groupes où l'un agresse l'autre pour asseoir sa domination afin de garantir ses ressources.

« Qu'est-ce donc que l'Etat au sens sociologique ? L'Etat est, entièrement quant à son origine, et presque entièrement quant à sa nature pendant les premiers stages de son existence, une organisation sociale imposée par un groupe vainqueur à un groupe vaincu, organisation dont l'unique but est de réglementer la domination du premier sur le second en défendant son autorité contre les révoltes intérieures et les attaques extérieures. Et cette domination n'a jamais eu d'autre but que l’exploitation économique du vaincu par le vainqueur. Aucun Etat primitif dans toute l'histoire universelle n'a eu une origine autre. »

Franz Oppenheimer, 1913 : p. 6

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Suisse et Union Européenne : changeons de voie !

28 Avril 2013 , Rédigé par R. F. Publié dans #Politique suisse, #Europe, #Schengen, #Souverainisme, #mondialisme, #Europeisme, #Liberte, #Politique etrangere

Politique étrangère. - Ce samedi 27 avril, en assemblée, l'Action pour une Suisse Neutre et Indépendante (ASIN) appelait à la résiliation de tous les accords signés avec l'Union Européenne. En ligne de mire, les bilatérales dont la Convention de Schengen qui, il y a une semaine, dévoilait son véritable coût final ; soit 100 millions de francs en lieu et place des 8 millions promis. Autant dire qu'on s'est éperdument moqué du citoyen helvétique qui voit son argent dilapidé dans le projet européiste. Comme si les 7,5 milliards de francs annuels que l'on offrait généreusement au FMI ne suffisait pas (en plus du récent crédit de 9 milliards accordé à ce même FMI) Bref, le Conseil Fédéral ainsi que son administration n'ont pas fini de nous surprendre (sic!) et l'ASIN, ici, fait bien de nous le rappeler.

Si on n'est donc pas nécessairement étonné d'une telle revendication provenant des rangs de l'ASIN, il faut avouer qu'elle n'est pas si ridicule qu'on essaie de nous faire croire. Bien entendu, tout le monde ne sera pas de cet avis. Ainsi, économiesuisse risque très certainement de monter au front afin de défendre son armée de réserve, soit les immigrés "low-cost", et la gauche (PS et Verts en prime) va tout simplement - à moins d'une grosse surprise - s'opposer par principe étant donné que l'élite gauchiste helvétique reste encore très attachée au projet européiste. Reste encore à voir la prise de position du centre-droit, lequel je fréquente et qui pourrait - après de longues discussions - comprendre l'urgence qu'il y a à changer de voie en matière de relations internationales. Finalement, et sans surprises, l'UDC y sera très certainement favorable et c'est ce qui peut faire pencher la balance en faveur de l'option de la résiliation. Mais avant de formuler une réponse claire quant au futur des relations entre la Suisse et l'ogre bruxellois, tentons de discuter le problème.

Nous réalisons alors la complexité de la situation ainsi que le flou qui règne autour de ces accords signés avec l'Union Européenne. Si l'on peut comprendre l'argument principal qu'est le respect de la liberté de circulation, principe qui me tient bien évidemment à coeur, et le fait qu'une immigration est très souvent positive pour l'économie en générale, il faut également saisir les fondements d'un tel traité qu'est celui de Schengen. L'importance de questionner les motivations et les finalités doit être prise en compte, sinon l'on ne peut pas comprendre pourquoi le libéral que je suis soutiens la suppression de ces accords. Mon argument pour la résiliation de tout lien contractuel avec l'Union Européenne tient en un mot ; liberté ! Etrange, me direz-vous, supprimer la libre (sic!) circulation pour plus de liberté n'est-il pas contradictoire ? A priori, oui, mais après réflexion, on comprend que non. Car ce qui est visé, ici, en tout cas d'un point de vue libéral et eurosceptique, c'est le traité en soi et les finalités sous-jacentes. La Convention de Schengen, comme tout accord émanant de l'oligarchie bruxelloise, n'a pour but que de lier les Etats, membres ou non, entre eux afin de les soumettre à une forme de juridiction internationale qui ne peut se contester une fois l'accord signé. C'est l'approche minimaliste de l'idéologie mondialiste, la tactique du salami, permettant gentiment d'arriver à l'objectif final ; l'Etat fédéral européen !

Vous comprendrez que si ce projet aboutirait, la souveraineté nationale ne serait plus qu'une épave dans l'océan des idées et la liberté ne deviendrait qu'une utopie lointaine. Et je n'exagère rien du tout, l'Union Européenne se dirige peu à peu vers le totalitarisme, du moins c'est le chemin qui semble être tracé, et même les acteurs principaux ne s'en cachent plus. Dernièrement, Angela Merkel affirmait que la Troïka devait devenir l'organe décisionnel ultime, alors qu'en Italie on nommait Enrico Letta, co-fondateur d'un think tank européiste nommé EuropaNova et participant à la dernière conférence du Groupe Bilderberg, à la tête du Conseil des Ministres. L'agenda est révélé au grand jour et la crise que traverse l'Europe, actuellement, est un excellent moyen pour justifier la centralisation des compétences ; il y a urgence, un seul individu ou groupe d'individus doit prendre les décisions. Pour rendre la tâche plus aisée, on cherche à placer les meilleurs pions, c'est-à-dire ceux qui seront d'accords et qui travailleront pour faciliter l'abandon de la souveraineté. Bref, Hayek avait raison et les derniers pavés de la route de la servitude semblent être bientôt posés.

Nous devons accepter que l'Union européenne ait le dernier mot sur certaines questions. Dans le cas contraire, nous ne pourrons pas continuer à construire l'Europe.

Angela Merkel

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L'austérité n'est pas une solution

24 Mars 2013 , Rédigé par R. F. Publié dans #Economie politique, #Austerite, #Dette, #Deflation, #Etalon-Or, #Devaluation, #Inflation, #Keynesianisme, #Depression

Economie politique. - Que l'assemblée se rassure, je ne suis pas devenu membre d'ATTAC et je n'ai non plus pas retourné ma veste pour rejoindre le camp des étatistes ou autres collectivistes du genre. Non, rien de tout cela. Il était toutefois bon de préciser cela avant de me lancer dans mon argumentation et ce parce qu'il est rare de trouver des libéraux qui critiquent les politiques d'austérité. En effet, dans la pensée mainstream qui affecte néanmoins la famille libérale, il y a cette idée que la crise de la dette ne peut se résoudre que par la coupe budgétaire. Si, effectivement, je préférerais toujours les coupes budgétaires au maintien des politiques d'endettement perpétuel, je reconnais toutefois que les politiques d'austérité ne résolvent rien et ne font qu'aggraver la crise avec les conséquences politique que l'on connaît.

Bien évidemment, pour adhérer à mon point de vue, il faut avoir une approche différente quant aux fondamentaux de l'économie, c'est-à-dire fondée sur les thèses débitistes, ainsi que d'être plutôt un tenant des théories déflationnistes. En effet, la plupart des libéraux s'inquiètent d'une hyperinflation imminente due aux activités des banques centrales injectant des liquidités en masse afin de faire survivre le système. Si l'hyperinflation risque effectivement de se produire, in fine, il ne faut pas oublier une toute autre phase du crash qu'est la déflation se prolongeant ensuite dans une période dépressionnaire. Bref, avant l'hyperinflation, il y aura la déflation et les politiques d'austérité ne font qu'accentuer les tendances déflationnistes provoquant finalement les grandes dépressions que le monde a déjà connu. Ce n'est donc pas un hasard si chaque dépression a succédé des politiques axées sur les coupes budgétaires.

De 1817 à 1821, la dette nationale a diminué de 29% ; de 1823 à 1836 elle a été éliminée (grâce aux efforts de Jackson), de 1852 à 1857 elle a baissé de 59%, de 1867 à 1873 de 27%, de 1880 à 1893 de plus de 50%, et de 1920 à 1930 d’environ un tiers. [...] Les États-Unis ont également connu six périodes de dépression. Ces dépressions ont débuté en 1819, 1837, 1857, 1873, 1893 et 1929. (Y décelez-vous un schéma ? Jetez donc un oeil aux dates énumérées ci-dessus.).

WRAY Randall, "Cessons de comparer le budget du gouvernement à celui d’un ménage"

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L'élite financière aime l'Etat !

24 Février 2013 , Rédigé par R. F. Publié dans #Economie politique, #Finance, #Etatisme, #Ron Paul, #Welfare State, #Mondialisme, #Too Big To Fail, #Myret Zaki, #Liberalisme, #Centre-Gauche

Economie politique. - Il n'est pas rare, en tant que libéral, d'être automatiquement associé au Grand Capital et au cartel des banques. Ceci est dû à la propagande antilibérale largement diffusée dans les MSM (les médias mainstream) et au sein de notre appareil éducationnel étatique. Bien évidemment, il n'y a rien de plus faux et toute personne s'étant intéressée au mouvement libéral saisira à quel point ce cartel bancaire voit d'un très mauvais oeil les revendications libérales. Car, détrompez-vous, les principes du libre-marché prônés par les libéraux ne sauraient satisfaire les intérêts d'une élite financière qui vit de l'existence de l'Etat et de ses politiques publiques. Dès lors, un constat s'impose ; les financiers sont étatistes et donc antilibéraux. Néanmoins, loin de moi de vouloir mettre tous les banquiers dans le même sac et il faut avoir en tête l'élite financière lorsque je parle du financier.

Après avoir déconstruit le cliché, il me faut maintenant le démontrer et donner ainsi une explication quant aux raisons qui poussent les financiers à soutenir l'étatisme. Car si les choses paraissent ô combien évidentes aux yeux des plus lucides et des libéraux en général, les stratégies communicationnelles des compagnies financières sont parfois trompeuses et entretiennent ainsi les clichés ou autres stéréotypes handicapant les libéraux ainsi que le mouvement pour la liberté dans son ensemble. Ainsi, en avril 2012, UBS clarifie ses conditions quant au soutien financier des partis politiques suisses ; seuls les partis "qui s'engagent clairement pour la concurrence et l'économie de marché" ont pu bénéficier de ces donations. Bien que le discours puisse plaire aux libéraux, la réalité est d'une autre nature et il me semble qu'il n'est pas nécessaire de rappeler l'épisode du sauvetage d'UBS. Il est donc presque indécent que d'affirmer un tel discours, a priori libéral, alors que la banque ne s'était pas gênée d'appeler l'Etat au secours afin d'éviter d'assumer les conséquences de son irresponsabilité. Ceci, néanmoins, permet de dévoiler au public le lien existant entre l'Etat et le monde financier ; d'un côté l'Etat a besoin des grandes banques (les "too big to fail") pour se financer, de l'autre le monde financier - aujourd'hui et dans notre contexte - a besoin de l'Etat pour s'assurer des hauts revenus - sous formes d'intérêts - liés aux crédits publics. Car il est bon de le préciser à nouveau, l'Etat ne survit que grâce à l'impôt - insuffisant et politiquement problématique - et à l'emprunt. Ainsi plus l'Etat intervient (route, médias, transports, énergie, etc.) et plus son caractère social est développé (assurances publiques, santé, éducation, etc.), plus il aura besoin de financement et il est évident que l'impôt ne suffira absolument pas ; l'emprunt public devient alors vital pour l'Etat et seule la haute finance peut satisfaire ce besoin, contre intérêts bien sûr.

C'est alors que nous comprenons pourquoi la haute finance, en Europe surtout, soutient avant toute chose les partis étatistes du centre aux tendances welfariennes. C'est donc sans surprise que Goldman Sachs affirme son soutien au centre-gauche italien en ce qui concerne les élections italiennes et ce parce qu'une alliance avec Monti est prévue en cas de victoire. Le centre-gauche italien, du reste, semble même s'en vanter puisque c'est le Parti Démocratique lui-même qui a communiqué le soutien de la grande banque sur son site. On ne se cache même plus, en somme. En Allemagne, lors d'un discours du ministre de l'économie, Rainer Brüderle, devant le Bundestag, on apprend que c'est le Vert Jürgen Trittin qui s'en va s'acoquiner avec les financiers de Bilderberg. En ce qui concerne les Etats-Unis, les paramètres diffèrent étant donné le caractère impérialiste et belliqueux de l'Etat fédéral. Ainsi, le néoconservateur Mitt Romney avait bénéficié d'un soutien financier plutôt conséquent de la part du monde de la haute finance. Néanmoins, Barack Obama n'avait pas à être jaloux puisqu'il a lui aussi bénéficié, surtout en 2008, du soutien financier des grandes banques pour sa campagne. Ses souhaits quant au développement du welfare state (cf. Obamacare) et sa sympathie pour l'idéologie mondialiste ont été entendus, ce qui lui fait gagner le soutien de l'élite financière.

On comprend finalement, et surtout lorsqu'on y regarde de plus près, que les pontes de la finance ne prônent en aucun cas le libéralisme, n'en déplaisent à certains, et que les amalgames dont souffrent le mouvement libéral sont donc totalement infondés. Si parfois les financiers appellent à moins de règlementations, c'est pour mener à bien leurs affaires et ainsi garantir leurs intérêts. Mais dans les faits, comme l'avait récemment noté Myret Zaki dans l'un de ses billets les plus pertinents, c'est une toute autres histoire puisqu'ils savent qu'ils sont couverts part l'Etat et que ce dernier, avec complicité des banquiers centraux, reste une excellente source de revenu. La menace, à leurs yeux, est donc libérale et la presse - étatique ou financée par les grands groupes composés de l'élite bancaire ainsi qu'industrielle - ne se garde donc pas d'entretenir la propagande antilibérale afin que les populations se tiennent à distance des divers mouvements inspirés par la philosophie libérale. Pour s'en rendre compte, il suffit de voir à quel point le républicain Ron Paul, lors de sa dernière campagne, a été boudé par les financiers et marginalisé médiatiquement ; il représentait une réelle menace pour les intérêts de la haute finance. Ceci est une preuve supplémentaire que le puissant financier est tout sauf libéral ; il est étatiste et tient mordicus à la survie de l'Etat. Ainsi, et pour conclure tout en ouvrant un autre sujet, je crois que le mouvement Occupy et les divers mouvements libéraux ne devraient faire qu'un afin d'ouvrir les portes d'un monde libre et sans privilèges. Toutefois il faut aller dans la bonne direction ; si le pouvoir financier a besoin de l'Etat pour survivre et pour assurer ses privilèges, c'est donc bien les gouvernements qu'il faut réduire - en terme de taille - pour finalement les dissoudre définitivement. C'est chose possible puisque, qu'on le veuille ou non, nous sommes membres de ces diverses associations que sont les Etats et nous pouvons donc influencer les décisions politiques - ou même les prendre suivant comment.

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Elections italiennes : Qui est Oscar Giannino ?

8 Février 2013 , Rédigé par R. F. Publié dans #Italie, #Oscar Giannino, #Fermare il declino, #Ron Paul, #Liberte, #Politique etrangere, #Elections

Politique étrangère. - Le 24 et 25 février prochain, les italiens devront choisir leur nouveau président du Conseil des Ministres. De toute évidence, ces votations semblent ne servir à rien tant la situation italienne est désespérante ; des finances publiques désastreuses, une dette de plus de 1900 milliards d'euros (!) et une économie administré étatiquement. A mon humble avis, l'Italie se dirige vers une situation similaire à celle de la Grèce ainsi que de l'Espagne et du Portugal. Bref, il y a peu d'espoir. Il faudra toutefois faire un choix, dans deux semaines, et si la plupart se seront résignés à bouder les bureaux de vote, d'autres opteront pour le vote symbolique ; celui s'adressant à Oscar Giannino.

Mais qui est Oscar Giannino ? Sous ses aires d'intellectuel léniniste, de dandy et vu la couleur de son parti Fermare il Declino (Arrêter le Déclin), soit le rouge sang, ce journaliste et économiste turinois n'est rien d'autre qu'un lecteur d'Hayek et de Friedman. Vous l'avez compris ; un libéral classique cultivé et qui en sait ô combien plus que ses adversaires politiques. Par le passé, déjà, il s'était fait remarqué en signant le manifeste des Réformateurs libéraux, en 2005, afin de promouvoir les idées ainsi que les réformes libérales au sein de l'ancienne formation politique, la Maison des libertés. Sans succès, ce qui est logique lorsqu'on voit de quoi était composée cette coalition qui ne défendait en rien les libertés.

Dès lors, et au vu de la situation, il s'est clairement détaché du centre-droit italien et du « berlusconisme » en général. Il considère en effet que, et ce depuis toujours, que les tenants du centre-droit - et de la droite - ne sont que des menteurs qui n'ont fait que piller les italiens. Ces critiques sont bien évidemment et également adressées à la gauche italienne, tout aussi responsable de l’effondrement économique italien ainsi que de l’appauvrissement des citoyens. C'est alors, face au mécontentement populaire et afin de mettre un terme au bipolarisme illusionniste, qu'il décide de se lancer en campagne électorale, le 2 janvier 2013, en tant que tête de liste du parti Fermare il Declino et ce bien que Silvio Berlusconi - lui aussi candidat - ait invinté Oscar Giannino à se retirer par peur de perdre des voies. Ce dernier a tout simplement décliné l'invitation.

Mais venons à l'essentiel, c'est-à-dire son programme. De quoi s'agit-il concrètement ? Et bien, son programme se résume en un manifeste contenant dix points centraux :

  1. Réduire la dette publique

  2. Réduire les dépenses publiques

  3. Réduire taxes et impôts

  4. Libéralisations et privatisations

  5. Flexibilisation du marché du travail

  6. Combattre la corruption

  7. Réformer la justice pour la rendre plus efficace et rapide

  8. Dépasser le sexisme et le machisme afin de limiter ses conséquences

  9. Réformer l'éducation en la fondant sur la méritocratie et la décentralisation

  10. Retour à un vrai fédéralisme fondé sur une large décentralisation institutionnelle

Bien évidemment, nous sommes loin d'un programme qui tend à réduire l'Etat à ses fonctions régaliennes. En tant que libéral, et donc logiquement anarchiste, il m'en faudrait bien plus que ces réformes et ce d'autant plus que la question monétaire est absente du programme politique. Néanmoins, Oscar Giannino a le mérite d'amener un vent frais et libéral sur la place publique italienne. Mieux, il semble même être apprécié par une partie des citoyens et j'en ai pour preuve cette standing ovation lors d'une émission. C'est pour moi tout simplement un exploit, lorsqu'on sait que le libéralisme est tout aussi détesté en Italie qu'en France - deux pays à tradition étatiste exacerbée.

Finalement, il est évident qu'il ne gagnera malheureusement pas et ce même si sa rhétorique anti-taxe, qui touche les classes les moins aisées ainsi que les couches moyennes de la population, lui fait obtenir quelque crédits aux yeux des électeurs. Tout comme Ron Paul aux Etats-Unis, bien que le texan soit toutefois bien plus libéral, il est marginalisé et ridiculisé. Pire, il est tout simplement évincé comme en témoigne cette illustration issue du journal La Repubblica. Les MSM (mainstream media), chiens de garde des pouvoirs établis, ont donc fait leurs choix et lorsqu'ils lui donnent la parole, c'est pour parler des autres et non de son programme. Bref, il faut toutefois retenir l'essentiel ; la révolution libérale fait son chemin et atteint même les terres les plus hostiles à la philosophie de la liberté. Ne baissons donc pas les bras et, bien que le pire nous attend sûrement, continuons à y croire. Ad Libertatem, Semper !

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L'esclavage n'a jamais été aboli ; libérez-vous !

4 Février 2013 , Rédigé par R. F. Publié dans #Esclavage, #Etatisme, #Liberte, #Democratie, #Anarchisme, #Philosophie Politique, #Liberalisme

Philosophie politique. - C'est l'histoire de deux esclaves, il y a fort longtemps, qui se rencontrent et qui commencent à discuter. Ils profitent en effet d'un moment de détente gracieusement offert par leurs maîtres respectifs. Le premier des deux esclaves entame la discussion en faisant mention d'un certain esclave quelque peu turbulent qui, selon les dires de la communauté d'esclaves, tenterait de convaincre cette dernière à se retourner contre les maîtres. Le second, étonné par cette nouvelle, se dit qu'il vaut mieux se méfier de ces volontés émancipatrices ; comment faire si personne ne dit quoi faire ? Qui paierait les cabanons que les maîtres font construire pour leurs esclaves et par ces mêmes esclaves ? Qui donnerait donc du travail aux esclaves ? Etc. Au terme de la discussion, les deux esclaves en question se mettent d'accords ; la liberté n'est pas souhaitable et il faut être fou pour la vouloir. Bref, demeurons esclaves et tout ira mieux dans le meilleur des mondes.

Quand deux esclaves se rencontrent, ils disent du mal de la liberté.

Proverbe africain

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Assurance maladie : le scandale de trop !

27 Janvier 2013 , Rédigé par R. F. Publié dans #LAMal, #Politique suisse, #Sante, #Assurance Maladie, #Primes Excessives

Politique suisse. - Nous y revoilà, l'assurance maladie fait à nouveau parler d'elle et ce à la manière d'un nouveau scandale ; les primes surévaluées payées par les assurés depuis 1996 ne seront vraisemblablement pas remboursées. Ce nouveau scandale vient s'ajouter à d'innombrables controverses et autres problèmes liés à l'assurance maladie qui, rappelons le, est obligatoire depuis l'entrée en vigueur de la LAMal. Cette affaire va sans doute rallumer la flamme qui anime un débat concernant la mise en place, ou non, d'une caisse maladie unique gérée essentiellement par la bureaucratie helvétique. Avant d'éviter les malentendus, un retour sur l'affaire me semble plus qu'utile.

Fin 2009. Il est découvert que bon nombre d'assurés de certains cantons auraient payé des primes d'assurance-maladie surévaluées, c'est-à-dire qu'elle ne correspondait pas aux coûts de la santé réels. A ce jour et d'après les chiffres actuels de l'Office Fédérale de la Santé Publique (OFSP), les principaux cantons affectés par cette situation (sous-entendu, ici, les assurés) sont les cantons de Vaud (602 mio payés en trop), de Genève (350 mio payés en trop), de Zürich (465 mio payés en trop) ainsi que celui du Tessin (140 mio payés en trop). A moindre mesure, mais tout de même, les cantons de Neuchâtel (21 payés mio en trop), Fribourg (23 mio payés en trop) et Thurgovie (82 mio payés en trop) sont également affectés. Suite à ce constat et dans le courant de l'hiver 2012, alors que des propositions sont déjà faites au printemps 2011 par Didier Burkhalter alors Ministre de la Santé, le Conseil Fédéral, via son nouveau Ministre Alain Berset, propose une nouvelle fois des mesures légales visant au remboursement ; rabais sur les primes des assurés des cantons lésés ainsi qu'un effort de la part des cantons aux primes sous-évaluées (via taxes et autres). Le Parlement doit alors se prononcer et mandate, via le Conseil des Etats, une commission chargée d'évaluer la proposition.

Une année après, la sentence tombe ; pas de remboursement ! En effet, la commission de la santé publique du Conseil des Etats propose de ne pas entrer en matière quant à un remboursement. Elle évoque une impossibilité matérielle et technique de rembourser les assurés étant donné que depuis 1996, il est fort probable que les principaux concernés aient changé de cantons ou tout simplement disparu du paysage helvétique. De plus, il s'agirait également de faire payer plus les résidents des cantons déficitaires (qui sont majoritaires) ; on peut alors comprendre le refus des représentants de ces cantons. Face à cette situation et malgré les initiatives de certains partis (cf. la pétition d'une coalition valdo-genevoise des partis de gauche), tout porte à croire que nous allons nous diriger vers une solution servant uniquement à prévenir un nouveau cas de ce genre et ce sans. Ce qui, inévitablement, a déclenché la colère de certains représentants des cantons lésés (cf. Genève menaçant de geler sa participation à la péréquation).

Après une analyse factuelle et plus ou moins technique de la situation, il faut saisir le fond du problème et en tirer une leçon. Récapitulons ; la LAMal, introduite en 1996, oblige tout individu résidant sur sol helvétique à contracter une assurance maladie privée dont le catalogue de prestations de base est édité par le Conseil Fédéral (en collaboration officieuse, ou officielle, avec santésuisse et Big Pharma). Ces primes de bases servent également à constituer des réserves privées afin, justement, de remplir leurs objectifs exclusivement sociaux (les bénéfices étant interdits en ce qui concerne l'assurance obligatoire de base). De plus, si une réserve d'un canton venait à souffrir d'un déficit, la loi autorise les assureurs des cantons aux réserves (privées !) excédentaires à verser les surplus à leurs collègues d'autres cantons souffrant d'un manque de ressources. S'il est a priori légitime qu'une entité privée fasse ce qu'elle désire de ses réserves, le problème est ailleurs ; l'obligation de s'assurer qui revient à verser un impôt à des entreprises exclusivement privées.

Que faire alors, dans ce cas là, et d'un point de vue le plus libéral possible ? Et bien, étant donné que le versement des primes est obligatoire et que le refus de s'assurer est punissable, la moindre des choses serait de rembourser les assurés lésés. Mais étant donné qu'il s'agit là d'une affaire politique où l'intérêt des représentants cantonaux est en jeu, soit leur réélection, difficile pour ces derniers d'accepter de faire passer à la caisse celles et ceux qui les ont élu. Le refus d'entrer en matière, affirmé par la commission de la santé publique du Conseil des Etats, est donc totalement arbitraire et, peut-être, qu'il est également motivé par le fait que les assureurs n'aient pas envie d'effectuer un long travail qui ne peut qu'engendrer des coûts supplémentaires. Bref, c'est l'impasse et ce d'autant plus qu'il est hors de question pour santésuisse que d'imaginer la création de réserves cantonales ou même régionales.

Ainsi, cette affaire doit nous faire prendre conscience d'une chose ; ce système hybride n'est pas viable et est responsable de bien trop de problèmes. Ce n'est pas un hasard que cela remonte à 1996, année où la LAMal a été mise en vigueur. Ce qui nous prouve, une fois de plus, que cette loi est un échec cuisant et qu'elle n'a jamais apporté les résultats escomptés ; les primes augmentent chaque année, les prestations de base sont régulièrement réduites et l'accessibilité aux soins n'est pas garantie. Nous avons donc affaire à une fraude ; augmentation du lobbying de la part des assureurs et de Big Pharma ainsi qu'enrichissement de ces entités privées, complexification des rapports entre patients et médecins ainsi qu'entre assurés et assureurs, financiarisation de la médecine due aux problèmes financiers avec logique abandon de la tradition hippocratique, déresponsabilisation des citoyens et appauvrissement général de ces derniers. Et maintenant ? Nous assistons même à l'émergence de nouvelles tensions inter-cantonales que la caisse unique ne ferait qu'amplifier !

Finalement, la solution la plus simple et non simpliste devrait commencer à se dessiner ; abolir la LAMal et revenir à un système de santé libre (donc libéral) ainsi qu'à une tradition plus humaniste de la médecine. Et si la population n'est pas encore absolument prête à se détacher d'une étatisation de la santé, qu'elle s'organise, au moins, pour la décentraliser et ce tout en abolissant la loi fédérale sur l'assurance maladie. Cela aurait le mérite de limiter les pouvoirs de Berne en matière de santé et cela rendrait la tâche plus difficile aux lobbys tels que Big Pharma ou santésuisse ; il est plus simple de faire du lobbying lorsqu'il n'y a qu'un seul bureau à visiter ! Il est donc désormais temps de comprendre qu'entre le système fascisant actuel et le socialisme d'Etat (cf. la caisse unique), il y a la liberté !

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Quid du mariage gay et de l'homoparentalité ?

15 Janvier 2013 , Rédigé par R. F. Publié dans #Societe, #Philosophie Politique, #Egalite, #Adoption, #Mariage pour tous, #Homophobie, #Gay

Société. - Je pense qu'il n'y a point besoin d'en dire d'avantage sur l'incroyable manifestation, qui a eu lieu à Paris, en ce qui concerne le projet de loi du gouvernement Hollande ; le droit au mariage pour toutes et tous. Pour faire simple, cela consiste à autoriser deux personnes du même sexe à signer un contrat dont les conditions sont établies et formalisées par "le plus froid des monstres froids" ; l'Etat ! A première vue, cela va de soi et cela s'avère être une manière de mettre un terme à une discrimination institutionnelle intolérable. Car, en effet, quelle différence y a-t-il entre le fait d'interdire à un homme noir d'épouser une femme blanche et le fait de ne pas autoriser un homme d'épouser un autre homme ? A vrai dire, aucune et le seul argument relève du conservatisme social ("le mariage, c'est un homme et un femme"). Ainsi, il en va de même pour l'adoption ; pourquoi un homme et une femme pourraient adopter (avec l'accord de l'enfant, ou du moins, des personnes ou de la structure qui s'en occupent s'il n'est pas capable de discernement), alors que deux hommes (ou deux femmes) ne pourraient-ils (elles) pas adopter ? Il existe trois argumentaires, un explicitement homophobe, un qu'il l'est implicitement et l'autre qui ne l'est pas, afin de s'opposer à l'adoption d'enfants de la part d'un couple homosexuel et qu'il est important de mentionner :

  • Le premier argumentaire, qui est le plus abjecte à mes yeux, consiste à affirmer qu'il y a un lien systématique et automatique entre l'orientation sexuelle et la santé mentale (tant des parents que de l'enfant). Ainsi, la dite orientation, homosexuelle dans le cas présent, déterminerait à coup sûr non seulement la santé mentale des parents, mais également celle de l'enfant. Il faut comprendre, alors, que seule une famille dite traditionnelle (donc hétérosexuelle) et naturellement saine d'esprit (selon le point de vue homophobe) est bonne pour l'enfant et sa santé mentale. Nous sommes donc dans la thèse explicitement homophobe, qui rappelle les thèses racialistes du XIXe siècle, et qui n'a donc aucune validité scientifique.

  • Le deuxième argumentaire, implicitement homophobe, revient à dire que l'éducation d'un enfant par un couple homosexuel comporte un risque pour la santé mentale de l'enfant (troubles et autres). Souvent, on invoque le fait que l'enfant pourrait être victime de moqueries pouvant l'atteindre dans sa psychologie - ce qui peut être absolument vrai. Vous noterez alors le sophisme qui se résume comme suit ; X a des parents homosexuels, X subit des moqueries quant au fait que ses parents soient homosexuels, l'adoption d'enfants par les couples homosexuels est problématique et il faut l'interdire. Ici, nulle remise en question du problème fondamentale ; l'intolérance, dans un contexte d'interactions sociales, qui révèle un environnement homophobe. Le problème est donc dans l'éducation, elle-même traduisant le collectivisme ambiant régnant dans nos sociétés toujours imprégnées d'une certaine morale religieuse (surtout judéo-chrétienne, bien que l'islam joue un rôle dans nos sociétés multiculturelles).

  • Le troisième argumentaire est des plus subtiles puisqu'il s'arme d'éléments juridiques émanant du droit positif. Il s'agit d'affirmer, en premier lieu, qu'il vaut toujours mieux qu'un enfant adopté demeure dans une structure qui semble fonctionner depuis des siècles et auquel tous les éléments liés à l'affiliation sont connus. Dès lors les tenants de cet argumentaire ne rejettent pas l'idée d'une adoption par une seule personne, fusse-t-elle homosexuelle ; l'affiliation est claire. Ils ne voient donc pas d'inconvénients à ce que cette personne, devenue parent, se mette en couple avec un individu du même sexe. Toutefois, l'ordre juridique ne l'autorisant pas, il serait impossible d'avoir deux papas ou deux mamans. On invoque donc le droit positif pour affirmer l'impossibilité de l'adoption par un couple homosexuel, ce qui démontre que ce même droit est lui aussi imprégné d'une morale religieuse provoquant ainsi l'exclusion des homosexuels. Nous avons donc là un mix de conservatisme social et juridique.

Après avoir décortiqué les différents argumentaires concernant l'adoption (ceux contre le mariage se réduisant à un refus par principe), vous noterez que tous trois ont besoin de l'intervention de l'Etat, du moins de son implication, pour parvenir à leurs fins - de même et surtout en ce qui concerne le mariage. Mais revenons aux généralités et demandons-nous ce qu'il faudrait faire. Pour un libéral, c'est simple ; attaquer la cause qu'est l'étatisme via l'abolition (progressive ou directe) du code civil. Cela revient à privatiser, donc à rendre à la société civile ses droits fondamentaux via les libertés contractuelles, toute relation interindividuelle. Le "mariage" ne relèverait ainsi que du privé, tout individu pourrait alors s'unir avec qui il veut tant qu'il y a consentement et capacité de discernement. Ce qui revient au même avec l'adoption et tous les autres contrats ne concernant que les membres de la société civile. Ceci donnerait la liberté aux diverses agences de pratiquer les unions contractuelles qu'elles souhaitent et selon les valeurs qui lui sont propres. Cela ôterait, surtout, les moyens politiques aux homophobes d'imposer leur intolérance en usant des instruments étatiques, tout comme cela rappellerait aux libertaires que la liberté est indissociable de la responsabilité puisque ce sont les acteurs concernés par les contrats qui financeraient le tout.

Dès lors, il serait plus intelligent que les deux camps s'affrontant, les anti et les pro, s'unissent dans un tout autre effort ; la privatisation du mariage. Malheureusement, tant d'un côté que de l’autre, nous avons affaire à des étatistes - de gauche et de droite - qui n'imaginent nulle autre solution que l'Etat. Ce débat illustre ainsi une triste chose ; la nécessité d'imposer son point de vue culturel en passant par ce qui est sensé unir la communauté, c'est-à-dire l'Etat. Les uns souhaitent une société progressiste et libertaire, mais où l'Etat finance le tout et demeure garant de cette tendance, alors que les autres veulent préserver une société conservatrice et fondée sur des valeurs religieuses en demandant également à l'Etat d'être garant de ce cadre socio-culturel.

Mais finalement, a-t-on désengagé l'Etat de nos affaires ? Non. C'est donc un nouveau débat d'étatistes où le libéral se perd forcément. Si ce dernier est d'accord que les homosexuels, étant des êtres humains comme les autres, aient le droit de se marier et d'adopter, il est aussi d'accord sur le fait qu'un traditionnaliste n'ait pas envie de financer, via l'extorsion fiscale représentée par l'impôt, un mariage entre deux individus du même sexe ainsi que l'adoption qui s'en suivrait (donc "sponsoriser" un modèle qui va à l'encontre de ses valeurs, ce qui concerne aussi l'avortement financé par l'Etat). Après avoir peser les intérêts, je trouve néanmoins légitime que les homosexuels puissent se marier ainsi qu'adopter et ce bien que le "mariage [étatique] pour tou-tes-s" demeure une erreur politique fondamentale. En effet, il ne vise qu'à alourdir le code civil et maintenir la mainmise étatique sur la société civile. Mais s'y opposer ne changerait rien, alors privilégions l'égalité entre les individus afin, peut-être, de motiver les conservateurs traditionnalistes à abolir le mariage étatique. Car une fois ce droit acquis par la communauté homosexuelle, il se peut que ces derniers refusent de financer et qu'ils demandent ainsi la séparation du mariage et de l'Etat. Qui a dit qu'il était facile de mener une révolution libérale et anarchiste via la stratégie de la liberté ?

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Liberté est patrie ; le fédéralisme comme premier pas vers la société libre !

10 Janvier 2013 , Rédigé par R. F. Publié dans #PLR, #Politique suisse, #Federalisme, #Etatisme, #Anarchisme, #Vaud, #Liberte, #Philosophie Politique

Politique suisse. - Hier soir, alors que je participais au premier congrès de l'année du nouveau-né PLR Vaud et à ma grande surprise, j'ai eu la sensation que le fédéralisme n'était plus qu'une vieille combine qu'on évoquait uniquement dans les cours d'histoire - et encore ! Si je dis cela, c'est bien parce que j'ai été choqué par les résultats, lors du vote quant à la prise de position du PLR Vaud, vis-à-vis de l'objet de votation du 3 mars concernant la politique familiale. J'ai d'ailleurs été choqué deux fois ; premièrement parce que l'assemblée a accepté de soutenir un transfert de compétences cantonales vers la vilaine Berne fédérale et, deuxièmement, parce qu'elle venait juste de balayer le même type de transfert quelques minutes plus tôt en ce qui concerne la révision de la LAT. Loin de moi de vouloir créer la polémique et de vouloir semer la discorde au sein du PLR Vaud, le vote est fait, il se respecte et c'est à nous autres souverainistes de se battre. Je dois tout de même avouer mon incompréhension face à ces deux constats paradoxaux, bien que (presque) prévisibles au vu des recommandations de vote déjà existantes. Comment peut-on, dans un premier temps, botter les fesses à Berne (cf. la LAT) et, droit derrière, lui faire des courbettes et accepter qu'elle vienne dicter ses règles en matière de politique familiale ? Je vous le demande !

Ainsi, et à mon humble avis, le PLR Vaud semble avoir été pris au piège par le caractère a priori bénin de l'arrêté - mais relevant de la tactique du salami - ainsi que par son pragmatisme, bien qu'il ait pu porter ses fruits dans certaines circonstances. Ici, toutefois et à mon sens, ce pragmatisme a atteint ses limites et ne se justifie en aucun cas ; on ne viole pas les principes qui ont fondé notre si belle Suisse, qui demeurent des moyens utiles afin de défendre nos libertés individuelles, et on ne bafoue pas la mémoire de celles et ceux qui se sont battus pour libérer ce si beau Pays de Vaud ! Néanmoins, au vu du nombre plus ou moins important d'opposants au texte sur l'arrêté fédéral - dont des jeunes -, rien n'est perdu et je garde donc espoir. Je pense que le PLR peut devenir, aux côtés d'autres partis comme le Parti Pirate ou l'UDC, une réelle force libérale et fédéraliste. Nous pourrions alors, une fois l'alliance réalisée, mettre à mal les velléités centralistes et étatistes des partis de gauche et de centre-gauche - PDC compris !

Evidemment, mon anarchisme pourrait vous paraître paradoxal avec cette posture quasi partisane et fédéraliste, mais pas du tout. Mon objectif est clair ; d'abord une révolution intellectuelle via les moyens à disposition qui, ensuite, devrait mener à une révolution politique et sociale via les outils démocratiques encore existants. Ainsi, ma présence à ce genre d'assemblée, où je prends volontiers la parole afin de défendre le fédéralisme, entre clairement dans une stratégie libératrice. La défense du fédéralisme est un premier pas vers la liberté pleine et entière, bien que relative aux libertés et droits d'autrui. Il est donc normal, je pense, de s'associer avec les forces fédéralistes et d'en faire l'apologie au sein d'un quelconque parti ouvert à cette idée. Car le fédéralisme, par définition, est une arme face à l'Etat fédéral (et obèse) tout-puissant et s'ingérant là où il ne devrait pas. Il permet également aux citoyens de rester attentifs aux enjeux locaux ainsi qu'aux traditions locales, ce garantissant le maintien d'une forme de solidarité (volontaire !) localisée mais toutefois efficace. Plus les individus comprendront que les solutions sont meilleures lorsqu'elles sont discutées au plus petit niveau politique et, de plus, lorsqu'elles sont en lien avec les spécificités locales, plus ils verront moins d'utilité à l'existence d'un Etat fédéral (central !) - et, in fine, d'un Etat tout court !

Finalement, mon combat pour la défense du fédéralisme est donc motivé par deux choses ; par le goût du localisme et le respect de nos ancêtres, mais également par la volonté de faire progresser la révolution libérale (et anarchiste). Mais que l'assemblée se rassure, j'aime la Suisse et le Pays de Vaud plus que jamais, j'ai toutefois un gros problème avec les verrues étatiques qui souillent cette terre qui m'a vu naître ainsi qu'avec les étatistes centralistes - de gauche ou de droite - qui les entretiennent. Les fédéralistes, comme la Ligue Vaudoise, sont donc mes compagnons de route - que j'apprécie dans une certaine mesure - et avec qui j'aimerais, s'ils le veulent, poursuivre la route menant à cette société libre tant rêvée ; une société où nul Etat central vous empêchera de boire un chasselas vaudois pour telle ou telle raison. Vive le Pays de Vaud, vive le Chablais !

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Minder : cette guerre qui ne me concerne plus !

7 Janvier 2013 , Rédigé par R. F. Publié dans #Politique suisse, #Liberte, #Democratie, #Minder, #Economiesuisse

Politique suisse. - J'avais déjà écrit un billet à ce sujet en affirmant ma condamnation du texte ainsi que du contre-projet gouvernemental, bien que le peuple suisse sera obligé de choisir soit l'un ou l'autre. Mais depuis, et au vu des propos des pro-Minder et des anti-Minder, c'est sûr et certain, je ne ferai rien d'autre de plus que ce petit billet concernant cette initiative marxo-fasciste. Les deux camps me répugnent et, qu'elles soient acceptées ou non, elles donneront les mêmes résultats ; plus de contrôle étatique et une élite financiaro-industrielle toujours aussi puissante qu'avant. Il est illusoire de croire qu'un vulgaire coup de plume fera plier l'élite. Toutefois, l'initiative, tout comme le contre-projet au final, dévoile quelque chose de bien inquiétant ; l'usage de la violence légale pour parvenir à des fins égalitaristes. Le fait d'entendre dire, de la part des pro-Minder, qu'il est nécessaire de "mettre au pas" les top managers de ce pays confirme cette violence. En effet, quoi de plus autoritaire et violent que de vouloir "mettre au pas" qui que ce soit ? J'ai l'impression de relire d'anciennes revendications bolchéviques. Cela sans parler des sentiments "humains" les plus funestes motivant cette initiative, soit l'envie, la jalousie et la haine. Thomas Minder a beau dissimulé ses émotions derrière une rhétorique juridique, il n'est pas crédible à mes yeux.

Mais en face, rien de mieux ; des millions injectés par économiesuisse et des trolls engagés par cette dernière afin de biaiser le débat sur internet. Je ne parle même pas du dernier coup bas ; le lobby économique aurait bloqué un nom de domaine, sur internet, afin d'empêcher les initiants de l'utiliser. Bref, mesdames et messieurs, voici ce qu'est réellement la démocratie ; des étatistes de tous bords qui se chamaillent pour une vulgaire loi et chacun pour préserver ses intérêts - politiques, sociaux et/ou économiques. Cette guerre ne met pas en jeu la liberté, non, puisque peu importe le résultat, c'est l'Etat qui aura gagné à nouveau ; plus de bureaucraties, plus d'administration étatique de l'économie et plus de liens flous ainsi qu'incestueux entre l'élite financiaro-industrielle et le gouvernement. La liberté est absente du débat, tout le monde se fiche d'elle. économiesuisse ne défend pas la liberté, en s'opposant au texte de Minder, elle ne fait que lutter pour la préservation des intérêts d'une classe hors de portée du citoyen lambda. Elle avait déjà montré son mépris de la liberté lorsqu'elle avait, de manière naïve et intéressée, défendu la cause mondialiste face à l'initiative salvatrice de l'ASIN.

Ensuite, les initiants, eux, naïvement, ouvrent la voie du plus d'Etat en matière économique et banalisent l'usage de la force légale - bien qu'ils souhaitent une démocratisation des entreprises. Et encore ! Au diable les travailleurs qui, eux, ne verront jamais la couleur de ces bonus répartis entre les actionnaires. Ainsi, les initiants sont tout aussi hypocrites lorsqu'ils prétendent défendre les petites gens ; ils défendent les actionnaires ! José ou Francesco, les ouvriers immigrés, verront-ils un changement dans leur quotidien si Minder gagnait ? Non. Cette initiative empêchera-t-elle la crise, marquée par la déflation, de s'installer en Suisse et/ou en Europe ? Non. Une victoire de Minder ne satisferait que les sentiments perfides des initiants ainsi que de leurs supporters, rien de plus.

C'est donc ainsi que je conclurai le chapitre Minder. Cette guerre n'est plus la mienne et en vue du 3 mars, je me battrai surtout pour défendre la propriété privée et le fédéralisme face à Berne. Minder et économiesuisse peuvent s'entretuer, s'ils le veulent, je n'ai que faire d'un conflit ne concernant que des étatistes névrosés et ennemis de la liberté. Cette dernière se défend quotidiennement et systématiquement, peu importe s'il y a votation ou non, et surtout pas au nom de quelques intérêts. Amen !

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